Rétention du personnel, sérieusement?

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Rétention du personnel, sérieusement?

Aujourd’hui, j’y vais d’un texte d’opinion bien assumé. Je m’engage personnellement à vous offrir une douce montée de lait! En lien avec le texte de blog de ma collègue Marie-Pier qui parlait de vocabulaire, j’aimerais attirer votre attention sur l’expression suivante ‘’rétention du personnel’’. Goût amer de vomi en bouche ! Pourquoi? Pour ça…

Selon le Larousse, le Petit Robert et des pages web telles que linternaute.fr, le dictionnaire Reverso et plusieurs autres sites où j’ai pu prendre les informations, on mentionne que la rétention, c’est l’action de retenir. En ce qui concerne le verbe retenir, qui se veut un verbe transitif, selon mes mêmes sources, on dit qu’il s’agit de garder pour soi quelque chose en vue d’une utilisation future. Ou encore, on parle de conserver ce qui appartient à une autre personne, maintenir quelque chose ou quelqu’un, empêcher quelqu’un de partir.

Entre vous et moi, ça n’a pas de bon sens! Malgré tout, on entend ces mots partout! Que ce soit dans la littérature, les conférences, ateliers, formations, médias, offres d’emploi, discours de remerciements(!!!), tout le monde semble prononcer ces mots avec fierté. En toute honnêteté, ça m’écœure! Oui, vous avez bien lu, ça m’écœure, rien de moins.

Entre toutes les définitions mentionnées ci-haut et l’image d’un chien attaché à sa laisse à l’entrée d’un commerce, je n’y vois aucune différence. On se fait »garrocher » de l’information et des stratégies pour garder les gens attachés à nos organisations? WHAT! L’expression est tellement populaire, moderne et porteuse de sens pour la majorité des gens, que nombreux conférenciers et consultants en ont fait leur cheval de bataille… Ça me sort de mes gonds!

Je me demande souvent…et si on parlait de liberté plutôt que de rétention. Et si les gens étaient réellement libres dans nos organisations, qu’ils se sentaient sur leur X, entendus, écoutés, poussés vers l’évolution d’un meilleur « eux », aurait-on réellement encore besoin de parler de rétention ? Mon expérience personnelle me pousse à confirmer que non ! Je mets ma main au feu que non.

Mon cher papa me parlait souvent d’une métaphore lorsque j’étais adolescente et que je vivais mes premières amours. Bien évidemment, j’avais la superbe habitude de la jalousie. Il m’a dit que l’amour, c’était comme une poignée de sable. Il m’expliquait qu’en mettant celui-ci au fond de ma main et en la gardant ouverte, le sable resterait au creux de celle-ci et ne bougerait pas. Au contraire, comme la jalousie, si je refermais ma main autour du sable en y mettant force et pression, le sable se faufilerait entre chacun de mes doigts. À la fin, en ouvrant la main, j’aurais perdu presque la moitié du sable que j’y avais mis au début. Donc, ce qui se voulait au départ une stratégie pour retenir s’avérait finalement le meilleur moyen pour faire fuir ce que je voulais conserver.

À mon avis, c’est la même chose dans nos organisations. On veut de bonnes et belles (je parle ici d’une beauté intérieure) personnes dans nos équipes, mais en voulant les retenir, les attacher, les garder pour soi, tout comme le sable, elles finiront par nous glisser entre les doigts. À l’opposé, en les laissant libres de se réaliser, de se vivre de s’exprimer, je suis certaine qu’elles demeureront dans nos équipes pour plusieurs années.

Ce n’est pas grand-chose lorsqu’on y pense. C’est un tout petit mot. Un simple mot banal qui est utilisé à outrance. Mais dans mon cœur, ce mot fait des ravages spectaculaires. La preuve, on crie à la pénurie de main d’œuvre et au manque de collaborateurs qualifiés. Si j’étais à la recherche d’un travail, laissez-moi vous dire que je n’irais jamais postuler chez un employeur me disant qu’il met en place des stratégies de rétention. Je prendrais plutôt mes jambes à mon cou et je partirais en courant au lieu de me savoir attaché.

Et si on débutait une transformation de notre vocabulaire vers un avenir meilleur? Un simple petit mot qui pourrait avoir un impact incroyable…moi j’y crois!

Bénédict L-Deschamps

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