Renversons la balance

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Renversons la balance

L’article de blogue écrit par Olivier Schmouker (Les Affaires) le 13 août dernier flotte dans ma tête depuis. Je me change les idées, mais certaines phrases reviennent au galop. Cet article décrit, en gros, que les employeurs doivent changer leur technique quant à l’attraction, la fidélisation et la (oups, goût de vomi en bouche) rétention de leurs salariés. De belles statistiques y figurent. Pour certains, ce sera décourageant. Pour moi, ça amène un sourire léger, car j’embrasse le fait qu’on se soit peut-être trompé. C’est donc le moment de se remettre en question et de changer les choses!

Je le dis presque à chacune des conférences que je donne : j’ai de la difficulté à croire au concept de la pénurie de main-d’œuvre. Je le répète encore une fois aujourd’hui : je crois au concept d’une démographie changeante qu’on avait étudié il y a déjà une bonne cinquantaine d’années. On savait qu’un moment donné, la balance ne tiendrait pas en équilibre. Qu’un jour, dans les années 2000, il y aurait moins de monde. Ce n’est pas une pénurie qui est arrivée sans crier gare! Au contraire. Comme dirait mon chum << yinque à voir, on voit ben>>. Chaque année on vieillit et on en prend une de plus. Ce n’est pas une balloune qui nous pète en pleine face ce qui se passe en ce moment. C’est la réalité qui nous avait été prédite par plusieurs chercheurs et voilà, on est rendu là !

Qu’on s’entende sur une chose : nos entreprises roulent tempête et les gens pour prêter main-forte, il y en a moins. Des gens compétents qui maîtrisent déjà le job, il y a en a peu. S’il y a une chose qu’on ait pu comprendre lorsque nous avons revu la méthode utilisée lors des embauches chez Chevrons Rouyn-Noranda c’était que, tout n’était pas la faute des salariés. OH QUE NON! Beaucoup de facteurs décevants nous revenaient à nous, les 3 actionnaires ! Si la personne embauchée ne fait pas l’affaire, est-ce vraiment sa faute? Si on a l’impression qu’elle n’est jamais contente ou redevable à ce qui est mis en place pour elle, c’est totalement sa faute? On a pris de la hauteur pour se rendre compte que ça venait peut-être de la source : nos méthodes de dotation, rétention ne valaient pas grand-chose! Il y avait surement un déséquilibre. Par exemple :

1- On portait des intentions aux gens. On s’imaginait que ce qu’ils voulaient vraiment, on le savait!
2- On continuait d’utiliser des méthodes de recrutement que j’avais apprises à l’école dans mes livres qui dataient du début des années 2000. On s’entend-tu que ça évolue chaque minute donc, j’étais déjà 12-13 ans bien loin derrière.
3- Je demandais à plusieurs connaissances du monde des RH des trucs qui leur appartenait afin de tomber sur le ‘’jack pot’’ en entrevue ou encore, rendre leur monde heureux.

Qu’est-ce que ça a apporté? De belles découvertes. Des moins belles aussi. Plus de moins belles que de belles en fait. Qu’est-ce qu’on a fait? On s’est dit qu’il était temps de muter vers quelque chose qui faisait sens, qui allait donner du Power à toute notre équipe, mais surtout, qui serait hyper aligné avec la raison d’être de l’entreprise : Assurer le bien-être de tous!

1- On a arrêté de porter des intentions aux gens. On a arrêté de se dire que ce qu’ils veulent, c’est ça ou ça. On s’est sorti les doigts du nez, et on est allé discuter avec notre gang. Notre programme des 5 grands rêves de vie a fait jaser depuis qu’il a été implanté. Mais ce fut sans doute le premier pas vers quelque chose d’intelligent qui ait été mis en place pour comprendre le monde. Mais les comprendre vraiment!

2- On a laissé tomber nos méthodes de recrutement utilisées jusqu’alors. On a inventé nos propres méthodes. C’est l’équipe de l’usine, des bureaux et même des jeunes qui nous ont inspirés. On est revenu à l’essence de notre entreprise et on a fait quelque chose à notre image : dynamique, drôle, sérieux sans se prendre au sérieux, soft et authentique. Si on entend quelque chose de nouveau ou qu’on voit quelque chose d’inspirant, on n’attend pas à l’année suivante pour mettre les choses en place. Nos méthodes de recrutement évoluent, changent, se transforment au fil du temps. Chaque jour s’il le faut!

3- J’ai arrêté de demander à tout le monde ce qu’il faisait. J’ai compris que l’entreprise était unique et ne ressemblait à aucune autre. J’ai entrepris un grand voyage au cœur de CRN pour comprendre encore mieux son essence, ses racines, ses couleurs, ses gens surtout. C’est l’équipe qui me partage maintenant leur façon de voir et leur vision. Depuis, nos méthodes sont beaucoup plus aiguisées et donnent de bien meilleurs résultats.

Ce n’est pas parce qu’on entend dire que la tendance est d’augmenter les salaires ou le nombre de jours de vacances dans une entreprise X que les gens de l’entreprise voisine vont vouloir la même chose. Le plus important, c’est de prendre le temps de jaser avec notre gang et d’arrêter de vouloir à tout prix penser, choisir, décider pour eux. Ce sont des adultes intelligents et autonomes qui sont capables de vous dire ce qu’ils veulent. Certains ne le sauront même pas. Je pense donc que c’est la mission d’un leader que d’aider et accompagner ces gens à le découvrir.

C’est le temps de renverser la balance et de pouvoir faire quelque chose qui aura un impact positif et qui sera rempli de sens pour vous organisation. C’est le temps. Pas en 2020, pas lors de la prochaine planification stratégique. C’est le temps. Là, maintenant ! Imaginez qu’en changeant un peu, l’équilibre revienne !

Bénédict L-Deschamps

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